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Guerre de tarifs avec les États-Unis

Le député Alexis Brunelle-Duceppe s’inquiète pour l’industrie forestière régionale

Yohann Harvey Simard
Le 14 février 2025 — Modifié à 20 h 02 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Déjà en proie à une taxation abusive, voire illégale selon certains, l’industrie du bois canadienne, dont le Saguenay-Lac-Saint-Jean est un joueur important, se retrouve d’autant plus dans l’eau chaude depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis.

C’est ce que constate le député bloquiste de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe.

« L’industrie forestière, c’est le poumon économique de plein de régions au Québec, et il y a déjà des tarifs illégaux, maintenant de 15 %, qui lui font mal depuis 2017. Alors, s’il y a de nouveaux tarifs qui s’ajoutent aux tarifs existants, il va falloir s’attendre à des fermetures d’usines. L’industrie est déjà en mode survie. »

La taxe supplémentaire de 25 % annoncée par le président américain ferait ainsi grimper à plus de 35 % le tarif sur les exportations de bois d’œuvre canadien vers les États-Unis. À moins d’un changement du côté de l’administration américaine, la taxe supplémentaire de 25 % entrera en vigueur le 4 mars et s’appliquera par ailleurs sur toutes les exportations canadiennes.  

Un programme d’accès aux liquidités demandé

En août dernier, les États-Unis ont en effet augmenté les tarifs douaniers sur le bois d’oeuvre résineux en provenance du Canada, qui sont alors passés de 8,05 % à 14,54 %.

Les producteurs canadiens de bois d’oeuvre ont déjà versé en tarifs douaniers aux États-Unis plus de 9 milliards $ (1,8 G pour le Québec), qui sont conservés en fiducie jusqu’à ce que ce différend soit résolu.

En ce sens, le Bloc Québécois demande depuis l’automne 2024 qu’Ottawa mette en place un programme d’accès aux liquidités qui, advenant une autre hausse tarifaire, permettrait à tout le moins aux producteurs de bois canadiens d’avoir les liquidités nécessaires au maintien de leurs activités en attendant un retour à la normale.

Par liquidités, le député fait référence aux 9 milliards $ bloqués à la frontière des États-Unis.

« On sait qu’on va ravoir une partie de cet argent-là éventuellement parce qu’on sait qu’on va gagner devant les tribunaux. Donc, en attendant, ce qu’on veut, c’est que le gouvernement offre des garanties de prêts pour que les producteurs aient accès à ces liquidités-là tout de suite. Ça, ça viendrait casser les reins aux Américains. »

Le projet de loi sur la gestion de l’offre aux oubliettes

Par ailleurs, le processus d’adoption du projet de loi C-282 sur la gestion de l’offre a été court-circuité par la prorogation du Parlement demandée en janvier par le premier ministre Justin Trudeau.

C’est qu’en cas de prorogation des travaux parlementaires, tous les projets de loi n’ayant pas reçu la sanction royale avant la prorogation disparaissent totalement de l’ordre du jour. Pour qu’ils puissent aller de l’avant, ils doivent être représentés à la session suivante comme s’ils n’avaient jamais vu le jour.

La seule façon de rétablir un projet de loi est que son rétablissement fasse l’objet d’une motion votée unanimement par les parlementaires, « et ça n’arrivera pas », déplore Brunelle-Duceppe.

Le projet de loi C-282 était porté par le Bloc Québécois. Son objectif était de protéger les secteurs soumis à la gestion de l’offre (le lait et ses produits dérivés, le poulet, le dindon et les œufs) en empêchant que ces secteurs puissent être utilisés comme monnaie d’échange dans le cadre de négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

Sans le projet de loi sur la gestion de l’offre, dans le contexte actuel, les producteurs canadiens risquent plus que jamais d’à nouveau servir de monnaie d’échange, estime le député de Lac-Saint-Jean.

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