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Abandon du projet de loi 97 sur la réforme du régime forestier

Le préfet de Lac-Saint-Jean-Est croit que la réforme a été « mal vendue »

Le 09 octobre 2025 — Modifié à 16 h 24 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Si le projet de loi 97, qui se proposait de réformer le régime forestier québécois, a fait l’objet de controverses, son abandon total ne fait pas non plus l’unanimité.

Rappelons qu’à la fin de septembre, le premier ministre François Legault annonçait que son gouvernement allait reprendre de zéro « les consultations avec les nations autochtones, avec les entrepreneurs forestiers, et avec, aussi, vous autres, les préfets et les maires. »

Considérant toutes les ressources investies dans l’élaboration de la réforme jusqu’à présent, le préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, Louis Ouellet, estime pour sa part que l’abandon du projet de loi dans son intégralité est un « non-sens ».

Le bébé a été jeté avec l’eau du bain

Le préfet croit qu’au lieu de faire table rase du projet de loi, plusieurs de ses éléments auraient plutôt mérité d’être clarifiés ou modifiés au besoin.

« Dans mon livre à moi, dit-il, il y avait matière à clarifier des choses importantes. Mais le problème que je vois, c’est qu’on est toujours sous l’ancien régime. Un ancien régime qui est insupportable pour les entreprises forestières. Un ancien régime qui fait en sorte que les entreprises ne peuvent pas se développer ni se transformer, car je pense qu’il y a une nécessité pour une bonne partie de la foresterie de se transformer pour arrêter de seulement envoyer du 2x4 aux États-Unis à des prix qui n’ont plus de sens. »

Au fond, ce que craint surtout Louis Ouellet, c’est que la mise au point d’une nouvelle réforme prenne trop de temps, un luxe que les entreprises forestières de son territoire ne peuvent plus se permettre.

Une réforme « mal vendue »

Louis Ouellet croit par ailleurs que le projet de loi a été « mal vendu ».

Selon lui, le concept de triade, pierre d’assise du projet de loi qui se veut un compromis entre l’exploitation forestière, la conservation et les autres usages de la forêt, a notamment été mal compris et aurait dû être mieux expliqué.

Des réactions diverses

Quoi qu’il en soit, plusieurs ont applaudi le recul du gouvernement vis-à-vis de sa réforme du régime forestier, notamment les communautés autochtones qui estimaient que leurs droits ancestraux, leur autodétermination et leurs territoires n’avaient pas été suffisamment respectés dans la démarche initiale.

Plusieurs élus locaux s’étaient également sentis exclus du processus consultatif. Ils souhaitent, au même titre que les communautés autochtones, avoir leur mot à dire dans l’élaboration de la prochaine réforme.

L’industrie forestière, quant à elle, regrette l’abandon du projet de loi, mais y voit aussi une occasion de rendre la prochaine réforme plus légitime en l’élaborant sur la base de consultations plus inclusives.

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