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Déluge de 1996 à Saguenay

Quand l’écriture permet de se libérer et de ne pas oublier

Le 26 août 2025 à 07 h 59
Par Sara-Léa Bouchard - Journaliste

Presque trente ans après ce tragique événement du 20 juillet 1996, Jason Paquet-Garceau sort de l’ombre. Il se souviendra toujours de ce matin où, sur la rue Henry-McNicoll à La Baie, son frère Mathieu, neuf ans, et sa sœur Andréa, sept ans, ne se sont pas réveillés, ayant été emportés par le déluge. Afin d’honorer leur mémoire et pour se libérer, l’homme a écrit un livre sur ce drame qui a marqué sa famille à jamais.   

« L’idée de rédiger ce livre m’est venue très naturellement. Je ne me suis jamais vraiment posé la question, mais toute ma jeunesse, je m’étais dit qu’il ne fallait pas qu’ils soient morts pour rien. Il fallait que je me lance dans ce projet pour que leur mémoire reste, pour aider les gens autour de moi, pour qu’à travers eux, je puisse amener la lumière nécessaire », raconte Jason Paquet-Garceau.  

La mort de son frère et de sa sœur n’est pas quelque chose dont il parlait avec sa famille, même pas au moment du 25e anniversaire de la catastrophe il y a maintenant cinq ans. C’était vrai jusqu’à ce que l’humoriste Michel Barrette décide de l’approcher.  

« C’était dans le cadre de la sortie du documentaire en partenariat avec la chaîne de télé Historia. J’y ai participé et j’ai pu faire part de mon histoire au public. Plusieurs autres entrevues ont suivi sur le sujet et je me suis rendu compte que d’en parler, ça me faisait du bien aussi », admet-il.   

« Entre Chaos et Lumière », c’est de cette façon que Jason Paquet-Garceau a titré son roman d’environ 200 pages. L’homme dans la mi-trentaine fait d’ailleurs part de tout son ressenti à travers 15 chapitres, passant de l’enfance à l’âge adulte.  

« Pendant toute ma jeunesse et mon adolescence, j’ai vécu des périodes très sombres. J’ai fait une tentative de suicide, mais le sujet est resté très discret dans mon entourage. C’est la première fois que je me dévoile comme ça et que j’en parle plus ouvertement. Outre ça, il y a toujours moyen de trouver de la lumière là-dedans, il ne faut pas lâcher », insiste-t-il.  

Pour celui qui se souvient du drame comme si c’était hier, l’écriture de l’ouvrage se voulait thérapeutique. Il rappelle également que les décès auraient pu être évités si les dispositions du règlement municipal, alors en vigueur à La Baie de 1984 à 1991, avaient été appliquées avec plus de rigueur.   

« Depuis que j’ai commencé à écrire mon livre, je me sens de mieux en mieux. Je sens que j’étais rendu là dans ma vie et que sens que le roman m’apportera encore davantage dans le futur. La douleur va toutefois toujours être là, c’est un cheminement sur toute une vie. » 

Chaque geste compte  

Jason Paquet-Garceau a lancé, dans les dernières semaines, une collecte de fonds via la plateforme GoFundMe afin de faire rayonner son livre au-delà de sa publication. Un soutien financier qui servira avant tout à la création, à la production et à la publication de son livre, mais également à assurer la vitalité et la pérennité de son message. Jusqu’à présent, près de 1 080 $ ont été récoltés.  

« Je veux que mon livre ait la portée qu’il mérite. C’est qu’on peut y retrouver un message universel au sujet de la résilience, du deuil et de la santé mentale. C’était important pour moi de ne pas aller seulement vers une autoédition », spécifie l’auteur. 

Ce dernier aimerait trouver une maison d’édition à temps pour lui permettre de sortir son livre lors du 30e anniversaire de la tragédie, en juillet 2026.   

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